Microcosme

Le temps, en soi, n’existerait plus s’il n’y avait pas la mémoire pour le contenir, le comparer et le juger. Qu’est-ce que seraient nos vies si nous ne rendions pas compte de la cyclicité des jours, de la beauté des saisons, de cette pousse qui se transforme en plante et de cette plante qui enchante nos bouches de ses saveurs? Seulement des existences monotones régies par l’amnésie, ou pire, un perpétuel présent sans espoir. Mais qu’est-ce que l’espoir? Cela suppose que la vie soit suffisamment triste et le passé assez riche en couleurs pour que le regret s’installe et que l’espoir naisse… Si le temps n’existait pas, l’éternité n’aurait lieu d’être, comment le pourrait-elle quand celle-ci n’est qu’une antinomie de l’existence et du temps qui passe…

Les dieux, enfants du temps et créatures de l’éternité, jaillissent de nos mémoires imaginatives et, comme des miroirs, ils reflètent nos désirs : ceux d’arrêter le temps de la vieillesse, le temps irréversible qui a toujours conduit à la mort. La mort naturelle, bien-entendu, celle qui émane de notre nature, celle qui nourrit la terre, n’est qu’une transformation évidente, or, l’effondrement perverse que l’univers des hommes inflige aux hommes pour la simple raison que la richesse et le pouvoir seraient plus forts que le temps, et bien, celui-ci s’installe comme un crépuscule noir où la nature perd ses valeurs, où le mystère épouvantable et l’idée d’être proche d’une mort violente sans l’atteindre pour autant, paraît plonger n’importe quelle âme intrépide dans la peur et la souffrance.

La méchanceté humaine, dont certains font monnaie courante pour dominer, devient si stérile devant l’immensité de la vie, qu’a force d’attiser les faibles contre les faibles, elle essaie en vain de détruire le temps, pourtant le temps finit toujours par la dompter…

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