Ballade moldave

Sur les collines de Stânca, le noir prend des reflets écarlates et tout le souffle de la terre s’évapore dans un nuage de brume couvrant vallées et pâturages. Baignée dans le soleil levant, l’odeur de la glaise appelle les paysans à leur premier amour, la terre. En Moldavie, le temps n’a pas de mesure. La vie est simple, la mort noce avec l’éternité. La terre ne se conte pas, ne se décrit pas. Elle vit au plus profond de chacun : dans le sourire des enfants, dans le regard des femmes, dans la ballade chuchotée les nuits, devant l’âtre incandescent. Je suis moldave par mon père, le moldave déraciné. Je n’ai que mon pinceau et trois couleurs pour décrire ma poésie muette. Le blanc pour la lumière. Le rouge pour la vie. Le noir, cette nuit pleine de rêves…

L’idée de cette collection m’est venue après mon voyage de 2008, en Moldavie, sur les terres qui ont vu naître mon père. J’ai commencé avec l’encre, comme pour marquer mon inspiration. Puis la couleur, le rouge s’est insinué petit à petit. « Ballade moldave » est un conte sans paroles, mais peuplé d’arbres et de nuages à visage humain qui rappellent les devinettes de l’enfance, les histoires racontées par les grand-mères devant l’âtre incandescent pendant un hiver enneigé, le monde fantastique des gravures qui illustraient jadis les livres de jeunesse. Cette collection est un reflet de mon enfance et un hommage à mon père.

Ballade Moldave

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